Union Nationale Lycéenne

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Home Qu'est-ce que l'UNL ? 15 ans d'histoire Introduction du congrès

Discours d'introduction d'Antoine Evennou au 7ème congrès de l'UNL

 

Mes Cher(e)s Camarades, Mes Cher(e)s ami(e)s,

Je tiens tout d’abord à tous vous remercier d’être aussi nombreux à ce congrès. C'est toujours un défi d’ouvrir un congrès de l’UNL, parce que c’est ouvrir un événement marquant pour toute une génération passant dans cette salle et c’est aussi un événement, me semble-t-il, toujours  observé attentivement par la communauté éducative et la société.

 

 

Mes Cher(e)s Camarades, Mes Cher(e)s ami(e)s,

Je tiens tout d’abord à tous vous remercier d’être aussi nombreux à ce congrès. C'est toujours un défi d’ouvrir un congrès de l’UNL, parce que c’est ouvrir un événement marquant pour toute une génération passant dans cette salle et c’est aussi un événement, me semble-t-il, toujours  observé attentivement par la communauté éducative et la société.

A chaque congrès son contexte, ses militants, sa période. Pour celui-ci c’est d’une part le 15ème anniversaire de notre organisation. 15 ans durant lesquels nous nous sommes développés afin de défendre avec plus de force, jour après jour, les intérêts des lycéens et la conception d’un système éducatif juste, vivant, ouvert et solidaire. 15 ans… 15 ans durant lesquels nous nous sommes battus pour défendre l’autonomie, et, la capacité à s'organiser collectivement, d’une jeunesse si souvent rabaissée. 15 ans, mes camarades, durant lesquels nous avons eu la volonté sincère et pragmatique de vouloir transformer radicalement la société en transformant notre école.

C’est d’autre part le contexte inédit dans lequel nous nous trouvons : un gouvernement qui applique au quotidien une politique irresponsable au nom de dogmes invraisemblables, et parallèlement une crise économique et sociale que l’ensemble de la société subit depuis 2 ans et qui attend toujours des réponses politiques efficaces. Je tiens tout de même à vous rassurer mes chers camarades, tout n’est pas noir dans cette période de Sarkozysme aigue qui attaque violemment les principes fondamentaux de notre république, nous avons les moyens de mettre un coup d'arrêt à la politique régressive /réactionnaire menée actuellement et d(imposer d'autres choix : le 21 mars était un début, le 23 mars en est la preuve.

Depuis notre dernier congrès en 2008, Sarkozy n’a fait que continuer à mener une politique allant à contresens des aspirations sociales des citoyens. Une politique néolibérale qui casse petit à petit l’ensemble des acquis sociaux. C’est ainsi que les coupes budgétaires ont continué dans l’ensemble des services publics et particulièrement dans l’Éducation Nationale.

Près de 50 000 postes supprimés depuis 2007 avec pour conséquence la dégradation des conditions d’études des élèves et du travail des enseignants. Tous les services publics sont touchés par ce raz de marée libéral : la poste qui a vu son capital être ouvert au privé, l’hôpital qui a vu fermer un nombre important de ses implantations de proximité, sans parler des centre d’IVG qui ferment jour après jour. L’enseignement supérieur est lui aussi atteint avec la loi LRU, libertés et responsabilités des universités, qui  accentue la concurrence entre les facs.

C’est ce principe de concurrence, mis en avant par le gouvernement comme étant le remède à tous nos soucis, qui inspire la quasi intégralité des réformes présentées. C’est l'application forcenée de cette foi néolibérale qui est responsable en grande partie du chômage et de la précarité, qui sert de boussole au gouvernement dans tous ses discours.

Dans cette belle lancée, le président de la république a du faire face au produit même des politiques similaires aux siennes menées à l'échelle internationale : la crise. Cette crise économique et sociale qui nous est tombée dessus en Septembre 2008, a ralenti le gouvernement. Mais le rouleau compresseur ne s’arrête pas en si bon chemin. Alors que le chômage a progressé à une vitesse faramineuse et particulièrement chez les jeunes qui connaissent un taux de chômage deux fois supérieur à celui du reste de la population, le gouvernement continue sa politique de suppressions d’emplois dans la fonction publique rajoutant ainsi du chômage au chômage ! Les inégalités n’ont fait que s’accroitre depuis 2 ans et la précarité des jeunes atteint des niveaux plus alarmants que jamais.

Pour répondre à  cette crise Nicolas Sarkozy a annoncé avec fracas « la moralisation du capitalisme » avec la fin des paradis fiscaux … on en l’a pas vu, des bonus… on ne l’a pas vu, des parachutes dorés… on l’a encore moins vu ! La main invisible le serait-elle tant que ça ?

Dans cette crise, les jeunes sont les premières victimes du chômage et de la précarité. Nous sommes la première génération qui vivra moins bien que celle de nos parents. C'est frappant quand l’on voit 650 000 étudiants rentrer sur un marché de l’emploi dévasté en septembre dernier. Malheureusement les politiques menées continuent d’aller à contre sens des besoins de la société. Alors que l’emploi public devrait progresser, il diminue… Alors que l’État devrait tout mettre en œuvre afin d’éviter les délocalisations et les fermetures d’usines, il les tolère et souvent les légitime… C’est ainsi qu’il donne de l’argent aux banques, en excusant et en couvrant leurs agissements, tout en faisant porter le fardeau de la crise sur les jeunes et les travailleurs…

Par sa politique le gouvernement rajoute de la crise à la crise, du chômage au chômage… du malaise social au malaise social.

Les Français ne veulent plus de cette politique. Ils refusent de voir leur avenir dépendre des marchés boursier, ils refusent de voir la formation de leur enfant sacrifiée sur l'autel des économies budgétaires, ils refusent de voir leur enfant vivre moins bien qu’eux. La victoire de la gauche aux élections régionales mais aussi et surtout les 800 000 manifestants du 23 mars en sont les preuves irréfutables.

Des mobilisations telles que celle-ci il y en a eu beaucoup au cours de ces deux dernières années. Le 29 janvier et le 19 mars 2009 furent les plus impressionnantes en regroupant près de 3 millions de citoyens. Les mouvements dans l’éducation ont souvent structurés les débats sociaux : le mouvement contre les suppressions de postes en 2008 suivi du mouvement contre la réforme Darcos, premier mouvement à avoir fait reculer le gouvernement Fillon. Le rapport de force est en train de s'inverser en notre faveur mais tous les mouvements sociaux n’ont pas été victorieux, nous devons faire face à un gouvernement qui ne lâche rien, à une droite dure qui s’entête dans son idéologie au détriment de la majorité sociale du pays. C’est ainsi que la question de l’efficacité de l'action syndicale nous est posée. Comment réussir à peser réellement sur les décisions qui sont prises ?

Cette question est déterminante pour nous, lycéens, et pour notre système éducatif. Cela fait maintenant 3 ans que Sarkozy et sa bande cassent notre service public. 3 ans qu’ils dégradent nos conditions d’études en supprimant chaque année des postes d’enseignants et en diminuant fortement les moyens de l’éducation nationale. C’est cette politique qui est responsable de l’augmentation des violences scolaires en ne permettant pas à chaque famille de vivre hors de la précarité et du chômage et en n’apportant pas l’encadrement et le dialogue nécessaire au sein des établissements.

La situation actuelle dans les lycées n’est qu’un produit de sa politique, mais son aveuglement l’empêche de le voir ! Pour y répondre il organise des états généraux sur la sécurité scolaire. Nous y participeront car nous considérons que notre rôle est de porter la voix de tous les lycéens dans les débats qui peuvent avoir un impact sur leur vie quotidienne, mais nous serons intransigeants sur la question des moyens financiers et humains qui seront mis sur la table : pas de moyens, pas de débats monsieur le ministre !

On parle de violences scolaires, de ces racailles qui portent des casquettes à l’envers et qui ne méritent pas d’être français… mais la véritable violence est politique et elle vient du gouvernement. Un gouvernement qui nous a concocté au cours de ces deux dernières années une multitude de réformes, de la maternelle à l’université, dans la précipitation, et le plus souvent sans concertation.

La réforme de la formation des enseignants par exemple qui s’applique à partir de la rentrée prochaine va avoir des conséquences catastrophiques sur la formation des élèves au cours des 40 prochaines années. Plus de formation professionnelle pour les enseignants. On va se retrouver avec des diplômés, bien formés en master, qui n’auront jamais appris à enseigner. Enseigner est un métier qui s’apprend Monsieur le ministre, sachez-le ! Pourtant maintenant quand un enseignant sera absent, se sera directement l’étudiant qui viendra le remplacer… autant aller jusqu’au bout de la logique. Et comme en parallèle on veut allonger la durée de cotisation, autant commencer à refaire travailler les retraités !

Le dossier de la réforme du lycée, après un échec en 2008, a été rouvert et travaillé  avec le nouveau ministère. Il faut ici tout de même mettre en avant que la victoire des lycéens en 2008 à calmer le gouvernement sur cette question, il y est allé avec moins de précipitation et un peu plus de discussion… Ne nous trompons pas de cible, mes camarades, l’accompagnement personnalisé qui peut permettre de réduire dans beaucoup de cas l’échec scolaire, le tronc commun en première qui peut être un levier pour la création de passerelles entre les séries, pris à part peuvent constituer de véritables avancées pour le lycée de demain.

Mais cela ne sera pas le cas ! Ces mesures sont certes louables, mais les moyens sont loin d’être suffisants pour que les objectifs affichés soient remplis. Nous ne pouvons concevoir une réforme du lycée qui favoriserait la réussite de tous en ayant une réforme de la formation des enseignants aussi désastreuse et des coupes budgétaires toujours aussi importantes dans l’éducation nationale. Nous ne pouvons concevoir une réforme du lycée avec des classes dépassant les 35 élèves.

Nous avons donc refusé  cette réforme en l'état parce qu’il nous apparaissait inimaginable de la considérer hors du contexte dans lequel nous nous trouvons.

Le travail que nous avons mené tout au long de cette réforme, auquel est venu s'ajouter notre victoire nette aux élections au CSE en 2009, a fait de l'UNL le syndicat lycéen incontournable, tant dans les institutions que dans l’ensemble de la communauté éducative. Nous ne sommes plus  considérés comme l’organisation lycéenne dénuée de sens, ne sachant que s’opposer avec des positions parfois contradictoires, incohérentes comme peuvent l’être encore les positions de certains aujourd’hui, nous sommes maintenant une véritable organisation syndicale porteuse d’un projet pour l’école, pour les jeunes, pour la société.

  • Il est temps, mes chers camarades, de mener le combat pour la construction d’un grand Service Public laïque d’Éducation permettant l’émergence d’une société nouvelle non plus basée sur l’infini concours entre les individus pour leur succès personnel, mais bien basée sur la réussite de tous dans l'intérêt général.
  • Il est temps, mes chers camarades, de mener le combat pour la reconnaissance d’un statut social de la jeunesse pour enfin arrêter la stigmatisation sociale d’une génération qui n’a aujourd’hui aucune place dans la société. Comme le disait Bourdieu « L’âge est une donnée biologique socialement manipulable et manipulée » et il est temps que cela cesse !
  • Notre combat mes camarades, c'est aussi celui de l'égalité des droits quand le gouvernement remet en cause le droit des individus à disposer d'eux même.  La fermeture progressive des centres d’IVG en France met en péril le droit à l’avortement. L’égalité des droits entre les citoyens quel que soit leur sexe ou leur orientation sexuelle est perpétuellement mise à mal par un gouvernement conservateur  imprégné par une vision patriarcale et réactionnaire de la société.


  • Nos combats, mes chers camarades, sont quotidiens. Pour défendre notre conception d’une École de la République qui a comme piliers : l’égalité, la gratuité et la laïcité nous devons sans cesse rechercher le rapport de force nécessaire à empêcher les moindres dérives. C’est ainsi que nous avons lancé faces aux offensives du privé confessionnelle l’Appel Pour l’École Publique avec plusieurs organisations : le Se-UNSA, l’UNSA-éducation, La FCPE, LES DDEN ainsi que l’UNEF.


    Cet appel a été lancé 50 ans après la loi Debré qui permettait le financement publique de l’école privée. Il a été lancé après le discours de Nicolas Sarkozy à Latran qui affirmait que « Dans la transmissions des valeurs ... l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». Cet appel a été lancé après les accords Kouchner Vatican qui permet la reconnaissance des diplômes du Vatican en France.

    Il intervient suite à la Loi Carle qui impose aux communes de financer le choix d’une minorité qui refuse l’école publique. Cet appel, enfin, est lancé dans un contexte où le nombre de postes pour le privé ouverts aux concours de l'enseignement est en augmentation de 132% alors que le nombre de postes présentés pour le secteur public diminue.

    Cet appel dont beaucoup semblait sous estimé la portée et la capacité de réussite, fédère à l’heure actuelle plus d’une trentaine d’organisation autour d’elle et vient de dépasser les 116 000 signataires !

En parallèle de ces réformes dans l’éducation nationale, le gouvernement continu sournoisement d’appliquer ses dogmes partout où il le peut. La création du ministère de l’immigration et de l’identité nationale en est l’exemple le plus frappant.

Alors que les jeunes sont les victimes d’une exclusion sociale forcée à cause de la crise et du manque de réponses politiques apportées à leurs difficultés depuis 10 ans, les jeunes étrangers le sont encore plus, avec ou sans papier.

Ils sont stigmatisés jour après jour par un certain nombre d’individus qui considèrent qu’un « jeune musulman » de surcroit ne peut se permettre de porter une casquette à l’envers. Un certain nombre d’individu qui souhaitent activement une France « pure et blanche, sans délinquants, sans burquas et sans rappeurs ! » « Quand on a rien à dire et du mal à se taire on arrive au sommet de l’imbécilité » et le gouvernement n’en est pas loin !

Ce ministère de la honte, qui expulse tous les jours des lycéens, des étudiants, des travailleurs sans papiers, a mis en place un débat immonde sur une certaine identité nationale, aux dérives dangereuses et racistes. Sarkozy et Besson face à l'immigration, plutôt que de répondre "intégration et régularisation"  appliquent une politique xénophobe de "stigmatisation, répression, et expulsions". Eric Besson, l’attaché de presse du Front National au sein du gouvernement, devrai commencer à comprendre que son ministère n’a qu’une seule vocation : celle d’être supprimée.

C’est en cassant le pacte républicain par la casse des services publics, par l’opposition des générations entres-elles, en stigmatisant une partie de la population que le gouvernement met à mal notre véritable identité : celle de la république ! Parce que « ma France », notre France, ce sera toujours celle de Jean Ferrat plutôt que celle d'Eric Besson : celle qui a « Cet air de liberté au-delà des frontières,  Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige, Et dont [ils usurpent] aujourd'hui le prestige,  Elle répond toujours du nom de Robespierre»

Notre combat pour l’égalité des droits, mes chers camarades, structure notre projet syndical. Le combat pour l’égalité d’accès à l’éducation, pour l’égalité d’accès à un diplôme, pour l’égalité entre les femmes et les hommes, est un combat perpétuel face aux conservateurs qui tentent de remettre en cause les acquis sociaux des combats passés.

Notre démarche syndicale, en ce sens, incarnée par notre orientation est porteuse d’avenir. Porteuse d’avenir car elle met au cœur de notre projet la transformation de la société. L’école étant à la fois le reflet et l'avenir de la société : changer l’école c’est changer la société ! Notre démarche est porteuse d’avenir car, oui mes chers camarades, nous considérons qu’il est nécessaire de transformer radicalement la société pour assurer à chaque citoyen son émancipation personnelle qui ne peut passer que par le progrès de l’ensemble de la société! Notre démarche, mes camarades, c’est la recherche perpétuelle de nouvelles victoires pour les lycéens.

Avant de laisser la parole à Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, à Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen Cfdt, ainsi qu’à Patrick Gonthier, secrétaire général de l’UNSA éducation qui nous dirons un mot sur leur vision du contexte actuel et leur vision de l’école, permettez moi de conclure. Je voudrais, ici, rapidement dire un mot sur notre organisation, notre syndicat, l’Union Nationale Lycéenne. Après quelques moments plus ou moins complexes où il a fallu redresser la barre pour ne pas dériver, nous voici en pleine forme.

En pleine forme pour défendre encore et encore notre vision de la société, en pleine forme pour porter encore plus haut et plus fort la voix lycéenne… cette forme, mes chers camarades, il faut permettre à tous les lycéens de la retrouver dans notre syndicat. Cette forme doit nous amener à réussir pleinement notre congrès et en ressortir avec une orientation offensive et courageuse pour lutter contre l’école à deux vitesses.

Alors, mes chers camarades, je déclare le 7ème congrès de l’UNL ouvert.

Bon congrès à  tous !

Vive l’UNL !

 
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